Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture
momagri est un think tank présidé par Pierre Pagesse,  qui rassemble des responsables du monde agricole
et des personnalités d’horizons extérieurs (santé, développement, stratégie et défense,…).
Son objectif est de promouvoir une régulation des marchés agricoles en créant de nouveaux outils d’évaluation
(modèle économique, indicateurs,…) et en formulant des propositions pour une politique
agricole et alimentaire internationale.
Regards sur l'actualité

Forcing de la Russie sur le marché mondial du blé

29 Août 2011



Un an après avoir instauré unilatéralement un embargo sur ses céréales suite aux violents incendies qui avaient touchés le pays, la Russie mène une stratégie active de reconquête du marché mondial du blé à travers une politique tarifaire défiant toute concurrence.

L’objectif visé est de redevenir un acteur majeur du commerce international de blé, et de se positionner juste derrière les Etats-Unis en tant que deuxième exportateur mondial. Pour cela, la Russie n’hésite pas à mettre en œuvre une politique tarifaire agressive en proposant des prix très inférieurs aux prix européens les plus compétitifs. Début août, 240.000 tonnes de blé ont ainsi été vendues à l’Egypte, premier importateur mondial de cette céréale, à un prix moyen de 250 Dollars la tonne, soit 38 Dollars en dessous de la meilleure offre européenne.

De tels niveaux de prix, économiquement soutenables pour la Russie du fait d’un coût de revient moyen de la tonne de blé bien inférieur à celui des exploitations européennes, lui permettent de reconquérir des parts de marché qu’elle avait perdues suite aux incendies de l’été 2010. Depuis le 1er juillet, plus de 720.000 tonnes de blé ont ainsi été vendues à l’Egypte, et le blé russe intéresse également tout particulièrement la Thaïlande et la Birmanie, clients historiques de l’Australie.

La stratégie mise en œuvre par la Russie répond d’abord à la nécessité de reconquérir la clientèle abandonnée sans préavis en 2010 mais elle témoigne aussi de la prise en considération de l’agriculture comme une activité stratégique servant à la fois les intérêts nationaux et participant à faire de la Russie un acteur majeur du commerce international.

A l’avenir, les structures mêmes du marché mondial du blé risquent d’être modifiées, laissant craindre une volatilité accrue des cours. Mais à l’évidence une question se pose : la politique russe pourra-t-elle rester changeante au gré de ses récoltes alors qu’elle ambitionne un poids grandissant sur la scène internationale ?

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Paris, le mercredi 22 mai 2013