Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture
momagri est un think tank présidé par Pierre Pagesse,  qui rassemble des responsables du monde agricole
et des personnalités d’horizons extérieurs (santé, développement, stratégie et défense,…).
Son objectif est de promouvoir une régulation des marchés agricoles en créant de nouveaux outils d’évaluation
(modèle économique, indicateurs,…) et en formulant des propositions pour une politique
agricole et alimentaire internationale.
Regards sur l'actualité

L’envolée des cours du cacao

2 avril 2007

Les cours mondiaux du cacao ont cru de plus de 25% depuis le début de l’année 2007, dépassant les 1.000 livres sterling la tonne à la Bourse de Londres. Cette hausse des cours est due à la conjonction de trois facteurs qui ont contraint l’offre de cacao, dans un contexte de croissance continue de la consommation mondiale.

La récolte mondiale a tout d’abord été affectée par des conditions météorologiques peu favorables pour les trois premiers producteurs mondiaux. La sécheresse a ainsi touché la Côte d’Ivoire et le Ghana, qui prévoient respectivement une baisse de leurs récoltes de 100.000 tonnes et de 80.000 tonnes, et l’ouragan El Nino a fortement limité la récolte Indonésienne.
Les experts envisagent ainsi une insuffisance de l’offre mondiale de 250.000 à 300.000 tonnes en 2007 !

Mais, si les aléas climatiques ont été le facteur déclencheur de la raréfaction de l’offre mondiale de cacao, la forte envolée des cours et l’ampleur de la volatilité des prix qui s’en est suivie s’expliquent surtout par des dysfonctionnements qui trouvent leur origine au sein même du marché du cacao.

En effet, le marché du cacao est un marché très concentré, dominé par la Côte d’Ivoire, le Ghana et l’Indonésie, qui représentent plus de 70% de la production mondiale. Cette structure du marché mondial, oligopolistique, est une des spécificités des marchés agricoles, qui explique la très forte envolée des cours.

De plus, le cacao est un marché sur lequel les fonds spéculatifs jouent un rôle de premier plan. Ainsi, l’annonce, par les trois principaux pays producteurs, de récoltes bien inférieures aux quantités nécessaires pour satisfaire la demande, a été suivie par de nombreux mouvements spéculatifs qui ont accru la volatilité, déjà importante, des cours mondiaux.

L’exemple du marché du cacao illustre l’une des spécificités des marchés agricoles : l’importance des risques climatiques comme facteur de non ajustement de l’offre et de la demande, mais surtout l’existence de risques endogènes, liés à des dysfonctionnements internes aux marchés agricoles, qui aggravent l’instabilité des marchés.
C’est pour cela que la libéralisation des marchés doit être régulée, et qu’une coopération mondiale autour de l’agriculture doit être instaurée.


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Paris, le lundi 20 mai 2013