Le 11 avril dernier, l’Assemblée générale des Nations Unies a organisé une journée de débats consacrée à la « volatilité excessive » des prix agricoles1. Trois idées forces ont émergé des discussions.
Tout d’abord, les différents participants ont rappelé les effets dévastateurs, pour la sécurité alimentaire et la stabilité politique mondiales, de la volatilité des prix agricoles, que le Président de la République dominicaine, Leonel Fernandez, a qualifiée de « tragédie humaine d’une ampleur inégalée ».
Ensuite, les différents panélistes et délégations ont déclaré que la loi de l’offre et de la demande de produits physiques ne pouvait expliquer à elle seule la volatilité des prix agricoles. David Hallam, Directeur de la Division du commerce et des marchés de la FAO, a ainsi rappelé que des facteurs nouveaux sont apparus depuis 10 ans, notamment la spéculation et la financiarisation des marchés, pouvant déstabiliser les fondamentaux physiques de ces marchés.
Enfin, cette journée a été l’occasion de proposer des mesures visant à accroître la transparence et la régulation sur les marchés agricoles, par un renforcement du système d’information sur les marchés agricoles, lancé à l’occasion du G20 agricole en 2011, ou encore, comme l’a proposé le représentant de l’Allemagne, par la mise en place au niveau mondial d’une autorité de supervision ayant la capacité de limiter la spéculation.
Deux enseignements majeurs peuvent être tirés de cette journée de débats.
D’une part, en considérant la financiarisation grandissante et non maîtrisée des marchés agricoles comme l’un des principaux facteurs d’accroissement de la volatilité des prix agricoles, l’Assemblée générale de l’ONU montre que cette problématique ne doit désormais plus être occultée des débats en cours, comme cela peut encore être le cas dans le cycle de négociation actuel de l’OMC, ou en Europe, dans le cadre de la réforme de la PAC.
D’autre part, en se saisissant officiellement de cette problématique, l’Assemblée générale de l’ONU adresse un signal politique fort à la communauté internationale, quant à la nature éminemment stratégique pour les équilibres mondiaux d’une plus grande stabilité des prix agricoles, tant au regard de l’investissement que de l’accroissement de la production agricole et de la lutte contre l’insécurité alimentaire mondiale.
1 http://www.un.org/News/fr-press/docs/2012/AG11223.doc.htm
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