Lors de son « Conseil Spécialisé céréales », le 9 mai dernier, FranceAgriMer a revu à la baisse ses estimations d’exportation de blé tendre français vers les pays tiers, hors Union européenne, pour 2011-2012. Cette baisse, de 300 000 de tonnes par rapport aux estimations du mois précédent (9 millions de tonnes), serait le résultat, selon FranceAgriMer, d’un manque de compétitivité prix des produits français vis-à-vis des produits américains, qui bénéficiaient d’un Dollar sous-évalué par rapport à l’Euro.
Ainsi, FranceAgriMer a constaté que la dépréciation du Dollar américain vis-à-vis de l’Euro entre janvier et avril 2011, s’était accompagnée d’un regain des exportations de marchandises libellées en Dollar. Inversement, depuis avril, l’Euro se déprécie face au Dollar du fait, en partie, des crises grecques et espagnoles, qui ont distillé une certaine méfiance vis-à-vis de la monnaie européenne sur les marchés internationaux.
Quelle en sera la conséquence sur la balance commerciale agricole française et plus largement européenne ?
Selon les analystes économiques, cela pourrait conduire à rééquilibrer la compétitivité de la zone euro mais le risque existe que les Etats-Unis pratiquent une nouvelle vague de « quantitative easing », visant à augmenter la masse monétaire du pays, de manière à conserver leur avantage compétitif à l’export.
Il est donc clair que « l’arme de change » constitue un facteur de compétitivité commerciale décisif, d’autant plus sur des marchés mondialisés et stratégiques comme les marchés agricoles. Or, les taux de change ne sont pour l’heure pas intégrés comme un facteur de soutien indirect à la compétitivité agricole d’un pays dans les différentes négociations en cours, et notamment à l’OMC.
C’est pour y remédier que momagri les a évalués au sein de son indicateur SGPA (Soutiens Globaux à la Production Agricole), au même titre que les taux d’intérêt qui, en fonction des niveaux pratiqués, peuvent faire considérablement varier le coût de la dette agricole d’un Etat et des agriculteurs.
Les dernières évaluations réalisées par momagri sur la période 2008 – 2010 montrent que la sous-évaluation du Dollar vis-à-vis de l’Euro aboutit à un avantage compétitif pour l’agriculture américaine compris entre 12 et 17 milliards de Dollars.
Un avantage loin d’être négligeable… |