Mouvement pour une Organisation Mondiale de l'Agriculture
momagri est un think tank présidé par Pierre Pagesse,  qui rassemble des responsables du monde agricole
et des personnalités d’horizons extérieurs (santé, développement, stratégie et défense,…).
Son objectif est de promouvoir une régulation des marchés agricoles en créant de nouveaux outils d’évaluation
(modèle économique, indicateurs,…) et en formulant des propositions pour une politique
agricole et alimentaire internationale.
Regards sur l'actualité

Les Etats-Unis réduisent le montant des subventions accordées aux grandes exploitations

02 mars 2009



Le 24 février, lors de son premier discours solennel devant les deux chambres du Congrès réunies, le Président américain Barack Obama a annoncé son intention de « mettre fin aux paiements directs aux grosses entreprises agricoles qui n’en ont pas besoin », dans le cadre du budget 2010. Cette mesure, qui prend place dans un ensemble de décisions politiques visant à limiter le déficit budgétaire, consisterait à réduire de moitié l’enveloppe de 5,2 milliards de dollars qui, octroyée indépendamment du type de production et des prix, bénéficie à l’heure actuelle aux producteurs de riz et de coton des Etats du sud essentiellement. De la sorte, le projet de budget devrait permettre d’économiser 143 millions de dollars dès 2010, puis 504 millions en 2011 et plus de 1,2 milliard chaque année entre 2013 et 2019, ce qui représente, il faut le noter, une part très faible de la totalité des financements alloués dans le cadre de la Food, Conservation and Energy Act 2008 1.

Hasard de calendrier ? La veille, le directeur général de l’Organisation mondiale du commerce (OMC) Pascal Lamy soulignait à Séoul les bienfaits économiques supposés du cycle de Doha, qui devrait, selon lui, réduire de 70% à 80% le montant des subventions accordées par les pays riches à leur agriculture. Compte tenu du fait que la question des subventions est l’un des points d’achoppement du cycle, certains analystes, à l’instar du ministre canadien de l’agriculture Gerry Ritz, n’hésitent pas à voir dans cette mesure américaine un « bon pas en avant » fait en direction du cycle de Doha.

Derrière ces mesures symboliques et ces gesticulations oratoires c’est toute la démarche d’intoxication voulue et entretenue par Pascal Lamy qui transparait. En effet, il apparait aujourd’hui évident que ce n’est pas en diminuant les subventions dans les pays riches que par miracle l’agriculture des pays pauvres se redressera. Bien au contraire la dérégulation agricole mettra ces pays aux prises avec une concurrence mondiale accrue, qui finira de détruire les secteurs agricoles qui souffrent déjà d’un sous-investissement chronique. Quant au plafonnement des crédits américains, il s’agit d’une mesure cosmétique, vu la faiblesse des montants en cause, destinée à complaire, non seulement à ceux qui s’inquiètent du déficit américain, mais aussi à des médias qui tendent toujours à stigmatiser l’égoïsme des pays riches dans le cadre du cycle de Doha.

1 Politique agricole et énergétique américaine

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Paris, le dimanche 26 mai 2013