Il y a un peu plus d’un an, tout le monde s’inquiétait des niveaux records atteints par les prix des matières premières agricoles sur les marchés internationaux, et notamment du blé ; 12 mois plus tard, ces mêmes personnes sont toujours inquiètes, mais du niveau exceptionnellement bas des prix. Alors que les marchés boursiers regagnent peu à peu les valeurs perdues depuis le début de la crise financière, le blé fait pâle figure, contrairement aux autres matières premières (énergie, minerais, etc.). Sur le marché à terme de Chicago, le blé s’établissait vendredi 2 octobre à environ 4,4 dollars le boisseau (environ 27kg), soit au quart du niveau atteint en mars 2008 (12,80 dollars). Ce niveau de prix s’explique pour partie par des récoltes de blé mondiales exceptionnelles (environ 665 millions de tonnes d’après le Conseil International des céréales et le département américain de l’Agriculture), qui signent le retour à court terme de l’abondance et permettent de reconstituer les stocks mondiaux (163 millions de tonnes, contre 118 millions de tonnes en 2007-2008). Aussi, à très court terme, et dans le climat économique morose actuel, les prix ne devraient pas croître brutalement. Cette situation n’est pas sans inquiéter les producteurs, puisque le niveau de prix atteint aujourd’hui est « équivalent ou même inférieur aux coûts moyens de production aux Etats-Unis et en Europe », d’après les analystes de la Société Générale cités par Les Echos1. Va-ton voir la situation de crise qui affecte aujourd’hui la filière laitière gagner la filière céréalière ? Toutefois, il convient de prendre du recul avant de statuer sur le fait que les prix ne repartiront pas à la hausse avant un certain temps, même si, d’après le CIC, la campagne 2009-2010 devrait être aussi bonne ; il est en effet possible que d’autres facteurs jouent sur le niveau des prix, comme la spéculation, le coût des intrants, etc. 1 Les Echos, « Des stocks mondiaux grandissants tirent le prix du blé à la baisse », 30/09/2009 |