Alors que le sommet du G20 à Pittsburgh (USA) s’est une nouvelle fois promis de conclure le cycle de Doha en 2010, le pessimisme semble gagner les négociateurs. « Je suis très pessimiste sur l’avenir du cycle de Doha », admettait ainsi récemment la secrétaire d’Etat française au Commerce extérieur, évoquant la « frilosité » des Etats-Unis, mais aussi de l’Europe. Selon elle, il est même « un peu trop tard » pour conclure un accord à Genève.1 Certes, le manque d’implication de la nouvelle administration américaine est sans doute une cause importante de l’enlisement des négociations ; mais, au-delà, ce dernier révèle les doutes de plus en plus nombreux et partagés sur le bien-fondé même du cycle de Doha : si depuis 8 ans2, les négociations n’ont pas été conclues, c’est peut être précisément parce que les conséquences économiques et sociales du cycle restent encore incertaines. En agriculture en particulier, comme le soulignait récemment Olivier de Schutter à l’occasion du Forum public de l’OMC, il n’est en effet pas interdit de penser que la libéralisation non régulée des échanges mette en danger la sécurité alimentaire mondiale… Et si l’objectif de lutter contre le repli protectionniste est louable, il ne faut pas que cela se fasse au détriment de cette dernière. Paradoxalement, l’unique manière de sauver le cycle de Doha d’un enlisement définitif reste encore de repenser les bases sur lesquelles il repose. N’en déplaise à Pascal Lamy… 1 Cité par Agrapresse, « L’échéance de 2010 menacée », 12/10/2009 2 Le cycle de Doha a été lancé en novembre 2001. |